Ce qui fonctionne
Le profil est relevé. Une application de rencontre demande de se décrire ; celle-ci lit ce qu'on a fait quand personne ne regardait. Tout le dispositif tient dans cet écart entre le portrait qu'on compose et la trace qu'on laisse, un écart que n'importe qui peut constater sur ses propres données en trois minutes.
Ça marche. Des gens s'y sont inscrits, se sont écrit, se sont rencontrés. Depoorter travaille souvent ainsi (voir The Follower), et c'est ce qui rend ses pièces inconfortables : la critique est un service qui fonctionne.
Le prix d'entrée est la donnée. Pour obtenir quelque chose, il faut céder ce qu'on reproche aux plateformes de prendre. Posée en cours, la question « téléverseriez-vous vos cinq mille dernières recherches ? » donne un débat plus honnête que n'importe quel exposé sur la vie privée.
Ce qui coince
Le site est fermé depuis 2026 ; il ne reste que la page de l'auteur et la presse. Une œuvre dont la matière est le compte des utilisateurs meurt avec eux, et rien ne s'en archive : ni les profils, ni les correspondances, ni ce qui s'y est dit.