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ReConstruire Haïti

Quatre ans après le séisme de 2010 et dix milliards de dollars promis : où est passé l'argent, et qu'aurait-on pu en faire ? Six chapitres où l'on arbitre à la place de ceux qui décidaient, sur des dilemmes fictifs tirés de problèmes réels. Reportage-fiction écrit par Jean Abbiateci, réalisé par The Pixel Hunt, diffusé par Rue89 avec le soutien du Centre européen du journalisme.

Année
2014
En ligne
https://www.thepixelhunt.com/projects/rebuilding-haiti
Par
Jean Abbiateci, Florent Maurin, Pierre Morel, The Pixel Hunt, Rue89
Catégories
Documentaire, Jeu
Concepts
Une divinité, Choix Rationnel
Un enfant à vélo s'arrête au bord d'une rue neuve bordée de petits immeubles peints en vert, rose et ocre, sous un ciel bleu
Pierre Morel / Rue89

Pourquoi c'est inspirant

L'enquête se comprend en la jouant. On essaie de répartir l'aide internationale, on manque d'argent, on arbitre entre le logement et l'eau, et on découvre pourquoi les gens sur place ont fait ce qu'ils ont fait. C'est le choix rationnel au service d'un sujet documentaire. C'est le type de choix le plus cher à écrire, et ici il tient.

Le rôle est assumé. Le joueur est une divinité : personne dans le récit, tous les leviers. Le dispositif ne prétend pas faire de lui un Haïtien, et c'est plus honnête que la plupart des documentaires immersifs, qui promettent de mettre « à la place de ».

Le mélange fiction/réel est la méthode. Les dilemmes sont fabriqués, les problèmes ne le sont pas. C'est le compromis qui rend le sujet jouable sans inventer les faits. Il laisse ouverte la question de savoir jusqu'où on peut romancer un dispositif pour rendre une réalité intelligible.

Ce qui coince

C'est un jeu sérieux commandé par un média, et ça se voit : la pédagogie prend parfois le pas sur l'expérience, et certaines conséquences sont expliquées plutôt que ressenties.

Le site de Rue89 qui l'hébergeait n'existe plus : le domaine ne répond même plus. Prix AFD/Nikon du meilleur webdocumentaire 2014, Online Journalism Award, vingt mille euros de financement européen : il ne reste que la page du studio. Même sort que Fort McMoney, à un an d'écart.

On arbitre depuis l'Europe sur le sort d'un pays qu'on ne connaît pas, et le dispositif met le joueur dans la position des bailleurs plutôt que dans celle des habitants. C'est cohérent avec le sujet, puisque l'enquête porte sur l'aide internationale, mais ça mérite d'être nommé.